Le referencement pro  et l'art contemporain en quelques mots

André Kraemer écrivait en décembre 1966 à propos de l’exposition de Pierre Dancette et Michel Beszié à la Galerie 32, rue de l’Oratoire à Nevers :

"Dès le premier coup d’œil, une impression s’imposait à l’esprit : celle d’avoir devant soi des œuvres, non pas de deux peintres, mais d’un seul. Même vue précise de la nature. Même souci de finesse dans une tendance et dans les formats évoquant l’art japonais. Même goût de recherche, jusque dans les cadres généralement dorés. Une vue identique de la nature, dont tous les détails deviennent précieux et réclament d’être fixés comme dans un émail inaltérable. Cette communauté d’inspiration et de technique s’explique : Michel Beszié et Pierre Dancette sont tous deux, élèves de Drachkovitch. Tous deux sont charitois et leur travail de nuit à l’hôpital psychiatrique permet d’établir des échanges d’idées débouchant sur un monde poétique commun."

On a oublié aujourd’hui ce que furent les ateliers de jadis, ces réunions studieuses d’hommes groupés autour d’une même recherche passionnée, d’une exploration semblable de la nature et de sa poésie…
Ainsi, je ne vois guère que la complicité d’une admiration commune pour le spectacle des saisons changeantes sur notre terre d’ici pour justifier l’amitié qui a pu naître entre Pierre Dancette, Michel Beszié et moi-même.
La fréquentation de mon travail les a décidés, on pouvait donc en 1966, peindre tout comme cela fût, un arbre, un ciel avec ses nuages, des maisons avec leurs cheminées vivantes, des champs avec leurs moissons et leurs fleurs.
Alors Pierre Dancette, poète inquiet, raffiné, sensible jusqu’au malaise, avec les moyens qu’il apprend chez moi nous révèle ses véritables maîtres : Bosch et Bruegel ! Mélange insolite, envoûtant, dont l’artiste fait un bréviaire d’une poésie hallucinée.
Michel Beszié, plus raisonnable, plus lent à créer, plus marqué par ma facture aussi, réussit néanmoins à affirmer un style, une douceur, une clarté, une tranquillité rassurante et poétique d’une unité incontestable.Vous pouvez ajouter votre site gratuitement sur notre site de referencement pas cher .

Albert Drachkovitch-Thomas, Décembre 1966

"Je ne veux pas oublier l'Ecole de La Charité, l'Atelier d'Albert Drachkovitch qui nous offre l'incontestable attrait des peintres de la réalité..." CF/ Maurice Rameau, été 1967, Bulletin du Groupe. Peut-on encore parler avec le recul, autour de Drachkovitch, d'une Ecole de La Charité ? Sans doute ! Il conviendrait également d'associer deux autres charitois, par l'esprit et la technique : Paul Schuss et Erna Beausillon.

Exhumées d’un vieux carton, voici ces quelques aquarelles, gouaches, ou même aquarelles à la gouache, ébauches reprises au cours des années 70 d’une série de paysages démoniaques peinte sous le coup de la découverte de l’œuvre littéraire de H.P. Lovecraft.
Certaines d’entre elles ont été dispersées au profit d’amateurs, jeunes pour la plupart, et dont je n’ai plus de nouvelles.
Ce sont des paysages, tous sans personnages, mais que je jugeai d’inspiration fantastique.
Vraiment, Lovecraft m’a alors influencé plus que quiconque excepté peut-être Jérôme Bosch, Insignis Pictor des Paradis et des Enfers.
La richesse des descriptions de Lovecraft dans les paysages de toutes sortes, les détails des montagnes hallucinées, des collines grotesques, des cours d’eau improbables, qu’il associe si bien à son monde onirique sans borne, son sens délicat du fantastique… tout cela, bien sûr, m’a profondément touché, fait rêver et m’a guidé dans l’ébauche des tableaux.
Alors, on peut dire que H.P. Lovecraft ainsi que Jérôme Bosch, son aîné dans la nuit des temps, ont donné un immense élan à ma façon de peindre.

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